Tu n'y vois pas de dentelle toi Moukmouk?Je trouve que Dame nature fait bien les choses ici bas ....comme une seconde vie pour ces feuilles toute en dentelle vêtues ;-)
J'aime tous ces regards qui sont différents et que vous venez tous porter sur mes clichés et qui à chaque fois viennent m'enrichir !!Un vrai régal!!!..ici un petit escalier en colimaçon .......J'aime cette idée.
Waouhhhhhhhh!Je suis comblée ...j'aime cette idée d'un habit de Princesse laissé là aprés une danse au clair de lune et ..peut être dans la fuite un soulier oublié pour des petits pieds tout ronds!!!!Merci
merci à toi Marye pour tes encouragements! C'est à souhaiter que les grands couturiers n'aiment pas les escargots!!!;-).Bonne journée à toi ..le début pour toi et la fin pour moi ......
En ce qui me concerne, j'y vois une analogie médicale ou... théologique !
Des nervures végétales semblables aux liaisons nerveuses quasi invisibles des corps vivants.
Des ramifications mystérieusement complexes dont la fonction est de communiquer à chaque partie du vivant un "sens" (cad une information) qui émane d'une "origine" inconnue qui en possède la clef !
Dépourvu de "sens", quelque corps que ce soit (animal, végétal ou minéral) devient "informé" dès lors qu'il est structurellement relié à un organisme complexe qui l'instruit sur sa fonction particulière (sa mission ?)
En quelque sorte, des "autoroutes de l'information", comme disait Mitterrand, ou mieux encore : Comment se pose aujourd'hui la question de l'existence de Dieu ? comme le développait Claude Tresmontant dans son livre compliqué mais passionnant !
C'est dingue ce qu'une photo "inspirée" peut me faire gamberger... :-)
C'est effectivement une autre vision de la chose ..à laquelle je vous avoue je n'aurais pas songé mais justement vous êtes toujours là pour nous enmener sur d'autres sentiers!!!!!et puis vous savez que j'aime lire vos gamberges ;-)
Es muy bonita, y ese toque de color le da calidez al momento. Ahora que sé que tienes amigos en Lorca, al igual que yo, (solete) quizas podamos vernos algún dia. Saludos
Ben oui, et même que tu gamberges trop, à mon gout. Moi, je regarde, et je suis dans ce regard non-pensée, je ne cherche pas à me projeter comme un test de Rorschach.
Le regard doit être vierge de toute sensation pré-existante. Et c'est de la sorte qu'on accède à un niveau supérieur de conscience. Comme au judo, ne pas penser, de telle sorte à pouvoir contrer l'autre dans le 1000ème de seconde qui précède l'attaque.
Ou dans un autre domaine, la peinture. Une nature morte est un sujet. Pourtant certaines sont des croutes, d'autres des chef-d'œuvres. Pourquoi ? Ce n'est pas le sujet qui est en cause, c'est la vision des formes et l'harmonie des couleurs qui décident de tout.
Magnifique... Enchevêtrement d'exquises dentelles ou de légères étoffes tissées, berceau on ne peut plus fin, pour ce colimaçon ayant sans aucun doute bien mérité son repos.
Merci pour ta venue!!!Pas facile en fait le lâcher prise ......et l'accés au"niveau supérieur de pensée".......
Sincérement je me régale à lire vos commentaires de part et d'autres qui partent dans mille et une directions alors qu'il s'agit tjs du même cliché..passionnant!!!
Quizas amigo pero para decirte la verdad mis amigos de Lorca me esperan ya desde anos y todavia no he encontrado el tiempo de ir hasta aya PERO se un dia es el caso te lo dije sin duda!!!!!!Besos
Pas facile de commenter des merveilles pareilles. Je n'ai lu les autres commentaires qu'après avoir posté le mien. Tout a été dit... et ils l'ont si bien écrit. Il y a la nature qui crée cela et puis il y a l'oeil du photographe qui le voit, le magnifie et le révèle. Bravo Isa !
Merci encore mais bien souvent avec les mots je me sens beaucoup moins à l'aise qu'avec l'objectif...alors c'est un peu comme une partition jouée à plusieurs mains et la plupart du temps c'est super intéressant.
Beaucoup n'écrivent pas par "peur de ne pas utiliser les bons mots" ou par inhibition et je le comprends ..ils me font par de leur ressenti de façon privée ou parfois de vive voix....c'est une expérience trés enrichissante car chaque mots, chaque émotions, chaque ressenti viennent m'apprendre quelque chose de nouveau ....
et puis lorsque je prends une photo c'est avant tout parce que j'en ai envie , parce que là pour le coup c'est moi qui fait parler mon ressenti et je ne pense à rien d'autres, je ne pense pas à faire telle ou telle photo pour obtenir celà ou ceci ou encore pour un tel ..non c'est un besoin de capter une émotion.....et puis ensuite tous vos mots viennent (ou ne viennent pas) ricocher ..et c'est là que les choses se mettent en musique ...alors merci encore!
Oui tout a été dit...et bien dit...j'ajouterais que la macrophoto nous ouvre les portes d'un univers insoupçonné que l'on néglige trop souvent hélas...un monde merveilleux qu'on n'aura jamais fini de découvrir...où il fait bon se perdre..
Merci pour ta venue!!!!il est vrai que nous ne prenons pas toujours le temps de nous poser et de regarder ce que nous avons à porter de mains ou des yeux !!!!Nous cherchons bien souvent l'inaccessible . En plongée , j'ai appris qu'il n'était pas nécessaire de palmer à la vitesse olympique pour chercher à voir du "gros" mais que bien souvent en ouvrant les yeux l'infiniment "petit "est merveilleux et très riche.....c'est aussi une philosophie de vie ..à méditer donc!
Je comprends ce que tu veux dire Cannaregio : avec ce qe tu sous-entends par le "non-regard" (comme le non-être) mais, je ne suis pas nourri de la vacuité du Tao...
Il me semble que le propre de l'art (celui de la nature ou celui des hommes) n'est pas de "représenter" stricto sensu mais de "re-présenter" pour susciter une émotion ou une interrogation ?
Pour ma part, c'est ce que j'expérimente en avançant en âge ; Georges Braque avait écrit sur une de ses lithographies (dont je possède une superbe reproduction que je regarde chaque matin) : "Avec l'âge, l'art et la vie ne font qu'un" !
Autrement dit, ce qu'on voit dans la nature ou dans l'art sous toutes ses expressions, c'est peut-être le pâle reflet, figuratif ou symbolique, de ce qu'on porte inconsciemment en soi, exprimé avec d'autres mots, couleurs ou sonorités...
Je suis un indécrottable gambergeur ; nos parties de ping-pong épistolaires me révigorent dans ma superbe cabotinerie !
C'est ce que j'apprécie avec certains blogs (il y a tant de m...) : m'obliger à approfondir et/ou à modifier mes supposées convictions.
Merci à EntreCielesMers qui n'imaginait sans doute pas à quel point une superbe photo anodyne pût susciter de réflexions :-)
... mais la plus petite photo, si anodine fut-elle, a ce pouvoir de susciter de telles échanges. J'ai été jadis, comme, toi un gambergeur indécrottable, surtout en prépa de l'EN de St Cloud avec Jacques. Mais (petit grain de sable ô combien salutaire avec le temps) il y a eu ces six crises d'épilepsie, la mise à joue de cette tumeur, l'opération, l'état de mort clinique, ce que j'ai vu ou cru voir dans le tunnel, qui ont transformé radicalement ma perception de l'Univers. Et j'ai vu des merveilles que nul peintre (même Braque, ou Van Gogh, ou d'autres ne sont capables de créer.) Voici le début de la Sonate d'automne. Elle dira mieux que mon baratin présent :
...d'encre et de plume, la tête dans les étoiles, mais les
pieds enracinés dans la fiente, je regrette,
et allez donc savoir pourquoi, de connaître la date et l'heure précise de ma naissance. Ne pas avoir la notion du
commencement et de l'achèvement, ni même de l'évolution inéluctable des
choses. Etre, tout à la fois, de nulle part et de partout, quel bonheur ! En somme, exiler à tout jamais le problème de la
Mort, et plus encore celui de la corruption des forces vitales ! Ignorer
la lente dégradation que suggère la
vieillesse ! Si j'étais né dans la sombre et majestueuse forêt ardennaise, et
si j'y avais passé mon existence, je n'aurais pas su qu'un jour la Dame
Noire, au doux sourire d'enfant, viendrait me prendre par la main, à l'aube
d'un soir d'hiver somptueux ; « mais quelle
chance », suis-je tenté d'ajouter. Sauf que dans le fond, n’est-ce pas une malchance, qui sait ! Voire un très grand malheur
! D'ailleurs, est-il sûr que je ne me serais douté de rien ?
N’avons-nous pas dès la naissance le pressentiment de la Mort ? Et à bien y
réfléchir, sans cette certitude qu'elle est l'origine et la fin de toute chose, pourrions-nous aimer la vie ?
Pourrions-nous savourer les joies simples qu’elle nous procure, pour peu
que nous sachions discerner, dans l'explosion des étoiles, comme dans
l'infiniment petit, le délicat sourire de Dieu! Savoir que la vie n'est qu'une
parenthèse de la Mort ! La savourer, dès lors, avec délicatesse, comme une
tragédie grecque, où l'inéluctable est la Loi, puisque tout est dit dès le premier mot, en
sachant intuitivement que rien ne devra et
ne pourra modifier l'ordre des choses établi par quelle puissance immanente.
Mon grand-père me confiait -j'avais
alors à peine six ans - cette phrase mystérieuse (du moins me semblait-elle
mystérieuse) : « La vie, mon Roger, est une Ornière. Tu pourras l'élargir à
force de courage et de bataille, en faire une large route, tu ne pourras jamais
dévier sa trajectoire. »L'âge
aidant, j'ai interprété peu à peu cette vérité sur mon piano intime ; avoir la
force de regarder son devenir sans jamais
baisser les yeux ! Et pourtant, n’étais-je pas, dès ma conception, destiné à ne pas vivre ?
Le vieil
homme ferme les yeux.
Le chant
d'un oiseau, quelque part, vient de
l'arracher à sa méditation. « Seigneur, songe-t-il, la fugue de Bach, dans sa beauté formelle et la perfection de ses lignes
mélodiques, elle ne peut pas rivaliser avec ce
chant de rossignol. Que nous sommes peu de choses ! Des paons qui s'ignorent
trop souvent. Ma sonate... la terminer
sur ce chant ; essayer, du moins. »
Les
nuages avancent lentement, procession de moines blancs et gris. Il pressent que, bientôt, il serait avec eux. Du moins il
le souhaite, car il ne désire pas ressembler à ceux qui apportent la mort dans la furie des tornades et des ouragans,
brisant le superbe orgueil des hommes.
Son vieux chien dort à ses pieds, le
museau entre les pattes ; il l'entendrespirer, poussant parfois des soupirs de vieille diva sur le retour. La
solitude lui est douce, dès lors
qu'il est en harmonie avec la nature. Son chien, sa musique, le silence
spacieux des nuits d'été et d'hiver, où grouillent tant de bruits subtils, et que les vieux fantômes apprivoisés
habitent, sa maison intérieure et le jardin secret de son enfance, où
reposent les rêves inachevés, la mémoire des anciennes colères, enfin apprivoisées. Il a la certitude que, tout bien pesé, et
en dépit des épreuves qui ont marqué
son âme au fer rouge de la mélancolie, cette vie a valu la peine d'avoir été vécue puisqu'elle s'achève sur le
sourire de cette petite fille, sa fille ;
elle a eu trente-deux ans hier ; il aurait aimé lui offrir, pour son
anniversaire, cette Suite en la mineur, écrite dans
un état de fébrilité dont il ne se croyait plus capable ; « Vieux cabotin » sourit-il ! Mais il ignore sa nouvelle
adresse ; « Allons, maugrée-t-il, en souriant
malgré tout, un chien, c'est encore plus affectueux... ». Le chien remue la
queue d'aise dans son sommeil, du moins
c’est ce qu’il lui semble.Mais vouloir remuer le passé ?À quoi bon ! Rouvrir les vieilles blessures ? écrire, composer, rêver, la belle
affaire ! En est-il plus serein pour autant.
Hola, Preciosa esta fotografía, me ha gustado mucho cada detalle mágico que le das... Un saludo-te . muá. Zb
Pd. Que bueno que, sabes hablar el español, así nos entendemos más... te seguiré cada día. gracias por pasar por mi blog. allá siempre serás muy Bienvenida. No dejes de enviarme las invitaciones a tu blog cada vez que actualices ok. Zb
Comments
bisous
Fragilité et évanescence arachnéenne
Quelqu'habit de Princesse oublié là après une danse au clair de lune ?
Merci pour toutes ces beautés
En ce qui me concerne, j'y vois une analogie médicale ou... théologique !
Des nervures végétales semblables aux liaisons nerveuses quasi invisibles des corps vivants.
Des ramifications mystérieusement complexes dont la fonction est de communiquer à chaque partie du vivant un "sens" (cad une information) qui émane d'une "origine" inconnue qui en possède la clef !
Dépourvu de "sens", quelque corps que ce soit (animal, végétal ou minéral) devient "informé" dès lors qu'il est structurellement relié à un organisme complexe qui l'instruit sur sa fonction particulière (sa mission ?)
En quelque sorte, des "autoroutes de l'information", comme disait Mitterrand, ou mieux encore : Comment se pose aujourd'hui la question de l'existence de Dieu ? comme le développait Claude Tresmontant dans son livre compliqué mais passionnant !
C'est dingue ce qu'une photo "inspirée" peut me faire gamberger... :-)
Ahora que sé que tienes amigos en Lorca, al igual que yo, (solete) quizas podamos vernos algún dia. Saludos
Moi, je regarde, et je suis dans ce regard non-pensée, je ne cherche pas à me projeter comme un test de Rorschach.
Le regard doit être vierge de toute sensation pré-existante.
Et c'est de la sorte qu'on accède à un niveau supérieur de conscience. Comme au judo, ne pas penser, de telle sorte à pouvoir contrer l'autre dans le 1000ème de seconde qui précède l'attaque.
Ou dans un autre domaine, la peinture. Une nature morte est un sujet. Pourtant certaines sont des croutes, d'autres des chef-d'œuvres. Pourquoi ? Ce n'est pas le sujet qui est en cause, c'est la vision des formes et l'harmonie des couleurs qui décident de tout.
A++
Merci pour ta venue!!!Pas facile en fait le lâcher prise ......et l'accés au"niveau supérieur de pensée".......
Sincérement je me régale à lire vos commentaires de part et d'autres qui partent dans mille et une directions alors qu'il s'agit tjs du même cliché..passionnant!!!
Bien à toi.
Merci encore mais bien souvent avec les mots je me sens beaucoup moins à l'aise qu'avec l'objectif...alors c'est un peu comme une partition jouée à plusieurs mains et la plupart du temps c'est super intéressant.
Beaucoup n'écrivent pas par "peur de ne pas utiliser les bons mots" ou par inhibition et je le comprends ..ils me font par de leur ressenti de façon privée ou parfois de vive voix....c'est une expérience trés enrichissante car chaque mots, chaque émotions, chaque ressenti viennent m'apprendre quelque chose de nouveau ....
et puis lorsque je prends une photo c'est avant tout parce que j'en ai envie , parce que là pour le coup c'est moi qui fait parler mon ressenti et je ne pense à rien d'autres, je ne pense pas à faire telle ou telle photo pour obtenir celà ou ceci ou encore pour un tel ..non c'est un besoin de capter une émotion.....et puis ensuite tous vos mots viennent (ou ne viennent pas) ricocher ..et c'est là que les choses se mettent en musique ...alors merci encore!
Régulièrement je prend la chaine de télé Euronews, ou encore lorsque je rate ma rubrique préférée je vais la prendre sur Internet (ici).
Cette rubrique c'est "no comment" ou l'image se suffit à elle même. C'est un peu ce que je ressent là !
Je comprends ce que tu veux dire Cannaregio : avec ce qe tu sous-entends par le "non-regard" (comme le non-être) mais, je ne suis pas nourri de la vacuité du Tao...
Il me semble que le propre de l'art (celui de la nature ou celui des hommes) n'est pas de "représenter" stricto sensu mais de "re-présenter" pour susciter une émotion ou une interrogation ?
Pour ma part, c'est ce que j'expérimente en avançant en âge ; Georges Braque avait écrit sur une de ses lithographies (dont je possède une superbe reproduction que je regarde chaque matin) : "Avec l'âge, l'art et la vie ne font qu'un" !
Autrement dit, ce qu'on voit dans la nature ou dans l'art sous toutes ses expressions, c'est peut-être le pâle reflet, figuratif ou symbolique, de ce qu'on porte inconsciemment en soi, exprimé avec d'autres mots, couleurs ou sonorités...
Je suis un indécrottable gambergeur ; nos parties de ping-pong épistolaires me révigorent dans ma superbe cabotinerie !
C'est ce que j'apprécie avec certains blogs (il y a tant de m...) : m'obliger à approfondir et/ou à modifier mes supposées convictions.
Merci à EntreCielesMers qui n'imaginait sans doute pas à quel point une superbe photo anodyne pût susciter de réflexions :-)
J'ai été jadis, comme, toi un gambergeur indécrottable, surtout en prépa de l'EN de St Cloud avec Jacques.
Mais (petit grain de sable ô combien salutaire avec le temps) il y a eu ces six crises d'épilepsie, la mise à joue de cette tumeur, l'opération, l'état de mort clinique, ce que j'ai vu ou cru voir dans le tunnel, qui ont transformé radicalement ma perception de l'Univers.
Et j'ai vu des merveilles que nul peintre (même Braque, ou Van Gogh, ou d'autres ne sont capables de créer.)
Voici le début de la Sonate d'automne. Elle dira mieux que mon baratin présent :
...d'encre et de plume, la tête dans les étoiles, mais les pieds enracinés dans la fiente, je regrette, et allez donc savoir pourquoi, de connaître la date et l'heure précise de ma naissance. Ne pas avoir la notion du commencement et de l'achèvement, ni même de l'évolution inéluctable des choses. Etre, tout à la fois, de nulle part et de partout, quel bonheur ! En somme, exiler à tout jamais le problème de la Mort, et plus encore celui de la corruption des forces vitales ! Ignorer la lente dégradation que suggère la vieillesse ! Si j'étais né dans la sombre et majestueuse forêt ardennaise, et si j'y avais passé mon existence, je n'aurais pas su qu'un jour la Dame Noire, au doux sourire d'enfant, viendrait me prendre par la main, à l'aube d'un soir d'hiver somptueux ; « mais quelle chance », suis-je tenté d'ajouter. Sauf que dans le fond, n’est-ce pas une malchance, qui sait ! Voire un très grand malheur ! D'ailleurs, est-il sûr que je ne me serais douté de rien ? N’avons-nous pas dès la naissance le pressentiment de la Mort ? Et à bien y réfléchir, sans cette certitude qu'elle est l'origine et la fin de toute chose, pourrions-nous aimer la vie ? Pourrions-nous savourer les joies simples qu’elle nous procure, pour peu que nous sachions discerner, dans l'explosion des étoiles, comme dans l'infiniment petit, le délicat sourire de Dieu! Savoir que la vie n'est qu'une parenthèse de la Mort ! La savourer, dès lors, avec délicatesse, comme une tragédie grecque, où l'inéluctable est la Loi, puisque tout est dit dès le premier mot, en sachant intuitivement que rien ne devra et ne pourra modifier l'ordre des choses établi par quelle puissance immanente. Mon grand-père me confiait -j'avais alors à peine six ans - cette phrase mystérieuse (du moins me semblait-elle mystérieuse) : « La vie, mon Roger, est une Ornière. Tu pourras l'élargir à force de courage et de bataille, en faire une large route, tu ne pourras jamais dévier sa trajectoire. » L'âge aidant, j'ai interprété peu à peu cette vérité sur mon piano intime ; avoir la force de regarder son devenir sans jamais baisser les yeux ! Et pourtant, n’étais-je pas, dès ma conception, destiné à ne pas vivre ?
Le vieil homme ferme les yeux.
Le chant d'un oiseau, quelque part, vient de l'arracher à sa méditation. « Seigneur, songe-t-il, la fugue de Bach, dans sa beauté formelle et la perfection de ses lignes mélodiques, elle ne peut pas rivaliser avec ce chant de rossignol. Que nous sommes peu de choses ! Des paons qui s'ignorent trop souvent. Ma sonate... la terminer sur ce chant ; essayer, du moins. »
Les nuages avancent lentement, procession de moines blancs et gris. Il pressent que, bientôt, il serait avec eux. Du moins il le souhaite, car il ne désire pas ressembler à ceux qui apportent la mort dans la furie des tornades et des ouragans, brisant le superbe orgueil des hommes.
Son vieux chien dort à ses pieds, le museau entre les pattes ; il l'entend respirer, poussant parfois des soupirs de vieille diva sur le retour. La solitude lui est douce, dès lors qu'il est en harmonie avec la nature. Son chien, sa musique, le silence spacieux des nuits d'été et d'hiver, où grouillent tant de bruits subtils, et que les vieux fantômes apprivoisés habitent, sa maison intérieure et le jardin secret de son enfance, où reposent les rêves inachevés, la mémoire des anciennes colères, enfin apprivoisées. Il a la certitude que, tout bien pesé, et en dépit des épreuves qui ont marqué son âme au fer rouge de la mélancolie, cette vie a valu la peine d'avoir été vécue puisqu'elle s'achève sur le sourire de cette petite fille, sa fille ; elle a eu trente-deux ans hier ; il aurait aimé lui offrir, pour son anniversaire, cette Suite en la mineur, écrite dans un état de fébrilité dont il ne se croyait plus capable ; « Vieux cabotin » sourit-il ! Mais il ignore sa nouvelle adresse ; « Allons, maugrée-t-il, en souriant malgré tout, un chien, c'est encore plus affectueux... ». Le chien remue la queue d'aise dans son sommeil, du moins c’est ce qu’il lui semble. Mais vouloir remuer le passé ? À quoi bon ! Rouvrir les vieilles blessures ? écrire, composer, rêver, la belle affaire ! En est-il plus serein pour autant.
Pd. Que bueno que, sabes hablar el español, así nos entendemos más... te seguiré cada día. gracias por pasar por mi blog. allá siempre serás muy Bienvenida. No dejes de enviarme las invitaciones a tu blog cada vez que actualices ok. Zb